Chaux ou ciment : la question centrale
Sur un mur en pierre calcaire, en moellon ou en pierre sèche hourdée à la terre, l'enduit doit laisser passer la vapeur d'eau. Ce type de mur gère l'humidité en la laissant s'évaporer par ses parements. L'enfermer dans un enduit ciment étanche revient à piéger l'eau à l'intérieur : elle ressort plus haut, pousse l'enduit qui se décolle par plaques, et charge les pieds de mur en sels.
C'est un point capital en Dordogne, où la pierre calcaire domine et où beaucoup de façades ont reçu un enduit ciment dans les années soixante et soixante-dix. Trente à cinquante ans plus tard, ces façades présentent le même tableau : cloques en bas de mur, décollements par plaques, et humidité intérieure au rez-de-chaussée. La reprise en chaux est alors la seule solution durable.
Sur une construction récente en parpaing ou en brique, la question ne se pose pas de la même manière : un enduit monocouche hydraulique projeté convient parfaitement et coûte nettement moins cher.
Les grandes options
| Traitement | Support | Fourchette au m2 |
|---|---|---|
| Nettoyage et hydrofuge incolore | Pierre apparente saine | 25 à 50 EUR |
| Rejointoiement à la chaux | Pierre apparente à reprendre | 60 à 110 EUR |
| Enduit à la chaux, deux couches | Moellon, pierre, bâti ancien | 70 à 120 EUR |
| Badigeon de chaux | Enduit chaux existant sain | 25 à 45 EUR |
| Enduit monocouche projeté | Parpaing, brique, récent | 45 à 75 EUR |
| Peinture minérale siloxane | Enduit sain à protéger | 28 à 50 EUR |
Lire une fissure avant de la reboucher
Le faïençage, ce réseau de microfissures en toile d'araignée, est superficiel et concerne la couche de finition. Il se traite par un revêtement souple qui le ponte. La microfissure verticale, inférieure à deux millimètres, est généralement liée au retrait de l'enduit : elle s'ouvre, se garnit et se ponte.
La fissure en escalier qui suit les joints de maçonnerie, ou la lézarde en diagonale partant d'un angle d'ouverture, relèvent d'un tout autre sujet. Elles signalent un mouvement de structure, souvent lié au retrait gonflement des argiles, phénomène présent dans plusieurs secteurs de Dordogne. Reboucher sans comprendre revient à recommencer l'année suivante, et surtout à masquer un désordre qu'il fallait suivre.
Signal d'alerte : une fissure de plus de deux millimètres, évolutive, traversante ou visible aussi à l'intérieur du logement ne relève pas d'un chantier de façade classique. Faites-la expertiser avant d'engager une finition.
Le nettoyage doit s'adapter au support
- Basse pression : le choix par défaut sur pierre tendre et enduit à la chaux, très présents en Périgord.
- Nébulisation : ruissellement prolongé à très faible pression, adapté aux pierres de taille sculptées et aux façades fragiles. Long mais non abrasif.
- Haute pression maîtrisée : réservée aux enduits ciment sains et récents. Sur une pierre calcaire tendre, elle creuse le parement.
- Traitement fongicide : indispensable sur les façades nord verdies, très fréquentes sous le couvert boisé du département.
- Décapage chimique : uniquement pour retirer une ancienne peinture filmogène qui empêche le mur de respirer, avec protection stricte des abords.
Règles locales et autorisations
La Dordogne compte un nombre exceptionnel de monuments et de bourgs protégés. Dans les périmètres concernés, les teintes, les matériaux et parfois la granulométrie de l'enduit sont encadrés, et l'avis de l'architecte des bâtiments de France peut être requis. En dehors de ces périmètres, une déclaration préalable reste nécessaire dès lors que l'aspect extérieur change.
Le réflexe utile consiste à passer au service urbanisme de la commune avant de choisir une teinte, plutôt qu'après le devis. Les nuanciers communaux privilégient généralement les tons de sable, de pierre et d'ocre clair qui correspondent aux liants et aux sables locaux.

Le lien avec la toiture
Une façade dégradée par des coulures verticales sous une gouttière ne se traite pas isolément. Tant que l'évacuation des eaux de pluie déborde, la reprise sera resalie en deux hivers. De même, un débord de toit trop court expose la partie haute de la façade au ruissellement direct. Un diagnostic complet regarde donc toujours l'ensemble toiture, gouttières et façade, ce qui permet aussi de mutualiser l'échafaudage.
Questions fréquentes
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Toiture, façade ou peinture : dites en deux lignes ce qu'il y a à faire et sur quelle surface. Le chiffrage part de là, la visite confirme.
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