Là où part réellement le temps
Sur un chantier de peinture bien conduit, l'application des couches de finition représente rarement plus du tiers de la durée totale. Le reste se répartit entre des tâches qui ne se voient pas sur le résultat mais qui le conditionnent entièrement : bâchage des sols et masquage des menuiseries, dépoussiérage, rebouchage, ponçage, dégraissage des zones de contact et application d'une impression adaptée au support.
Cette répartition explique pourquoi deux devis peuvent différer du simple au double sur la même pièce. Le moins cher n'est pas celui qui achète une peinture moins chère : c'est celui qui prévoit moins d'heures de préparation. Sur un mur sain, l'économie est réelle et sans conséquence. Sur un mur farinant, elle se paiera par une reprise complète dans deux ou trois ans.
Le repère le plus fiable pour trancher tient en un mot présent ou absent du devis : le fixateur de fond. Ce produit incolore, invisible une fois sec, empêche la peinture de tirer sur un ancien support poudreux. Un devis qui annonce deux couches sur un mur ancien sans le mentionner décrit un travail dont la tenue est compromise d'avance.
Les supports du bâti périgourdin
- Plâtre traditionnel : très présent dans les maisons anciennes du département. Absorbant et parfois irrégulier, il réclame systématiquement une impression pour éviter les différences de brillance.
- Mur de pierre enduit à la chaux : ce support doit respirer. Une peinture filmogène classique l'étouffe et finit par cloquer. On y applique une peinture minérale ou un badigeon.
- Plaque de plâtre : support idéal des extensions et des rénovations récentes. Une impression et deux couches suffisent, sauf raccords de bande à reprendre.
- Ancienne glycéro sur boiseries : fréquente sur les portes, les plinthes et les cuisines. Un égrenage et une sous-couche d'accrochage sont indispensables avant tout passage en acrylique.
- Poutres et solives apparentes : très courantes en Périgord. Elles se traitent par lasure, huile ou peinture selon le rendu voulu, jamais par une peinture murale ordinaire.
Choisir la finition pièce par pièce
| Pièce | Finition conseillée | Raison |
|---|---|---|
| Plafonds, toutes pièces | Mate | Masque les défauts de planéité, aucun reflet rasant |
| Chambres | Mate ou velours | Peu de contacts, priorité au rendu |
| Séjour et couloir | Velours | Lessivable sans souligner les irrégularités |
| Cuisine | Satin | Nettoyage fréquent, projections de graisse |
| Salle d'eau | Satin spécifique pièces humides | Résistance à la condensation |
| Boiseries et portes | Satin ou laque | Zones de contact permanent |
La règle qui sous-tend ce tableau est simple : plus une finition est brillante, plus elle se lessive et plus elle révèle les défauts du support. Un satin sur un vieux mur de plâtre irrégulier fera ressortir chaque bosse dès que la lumière viendra de côté. Une mate sur un couloir de passage sera impossible à nettoyer sans laisser d'auréole. Le velours est le compromis qui convient à la majorité des situations.
À vérifier avant de peindre : sur un mur de rez-de-chaussée ancien qui présente un liseré blanc pulvérulent ou une auréole en pied, il y a une humidité à traiter d'abord. Une peinture appliquée par dessus se décolle en un à deux ans, quel que soit son prix.
Repères de prix
| Prestation | Fourchette indicative | Ce qui fait varier |
|---|---|---|
| Mur sain, simple rafraîchissement | 18 à 28 EUR le m2 | Deux couches sur support prêt |
| Mur ancien, préparation complète | 28 à 45 EUR le m2 | Rebouchage, ponçage, fixateur, impression |
| Plafond de maison ancienne | 22 à 35 EUR le m2 | Travail en hauteur, reprises de fissures |
| Porte deux faces avec huisserie | 90 à 180 EUR l'unité | Plus cher sur ancienne glycéro |
| Poutres et solives apparentes | 25 à 60 EUR le m2 | Selon décapage et produit retenu |
| Escalier bois complet | 350 à 900 EUR | Marches, contremarches, limon, rampe |
L'ordre des pièces sur un logement occupé
Rester chez soi pendant les travaux ne pose pas de difficulté technique, à condition de respecter un ordre. On commence par les chambres, de façon qu'aucune ne soit indisponible au coucher. On enchaîne par les circulations, couloir et cage d'escalier intérieure, en travaillant en milieu de journée. On termine par les pièces de vie, qui peuvent rester encombrées plus longtemps sans gêner le quotidien.
Les peintures acryliques actuelles sèchent en quelques heures et dégagent peu d'odeur. Une pièce traitée le matin est généralement réutilisable le soir, la nuit servant d'aération. La contrainte réelle porte moins sur les délais de séchage que sur le stockage du mobilier : chaque pièce en cours doit pouvoir être dégagée en son centre, ce qui suppose une pièce tampon libre.

Questions fréquentes
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